Préparation de la rentrée 2020 du dispositif d’insertion socioprofessionnelle (ISP).

Septième rentrée pour l’ISP chez F.L.A. ! Comme pour les précédentes, le mois de septembre a été consacré à la préparation de la reprise des activités d’ISP en octobre. Pour relancer et coordonner les actions, une réunion de rentrée a été organisée fin septembre rassemblant une partie des 24 membres de l’équipe. Cette dernière s’étoffe de six nouveaux membres.

Objectifs de la réunion : orienter au mieux et identifier des débouchés professionnels pour les participants. 

« Destination Emploi 3 » en partenariat avec le CREPI.

Dans le cadre du partenariat entre Français langue d’accueil et le CREPI (Club Régional des Entreprises Partenaires de l’Insertion), nous entamons la troisième session du dispositif « Destination Emploi », un parcours d’insertion socioprofessionnelle dans la construction, destiné aux réfugiés. Du 05/10 au 17/12/2020, les intervenants de F.L.A. dispenseront une centaine d’heures d’ateliers de français langue étrangère à visée professionnelle, de mathématiques et de numérique, afin que les 11 participants sélectionnés puissent intégrer dès janvier 2021 une formation technique qualifiante. Ils ont ensuite la perspective  d’être embauchés par de grandes entreprises du bâtiment, également partenaires. Cette année, trois des onze candidats retenus ont été orientés par F.L.A.

 L’année dernière, les douze participants, dont deux orientés par F.L.A., ont tous été embauchés – dont certains en CDI. Un dispositif solide qui continue à faire ses preuves et un partenariat de plus en plus efficace !

En Afghanistan, le cerf-volant est une activité incontournable. Elle consiste à trouver un autre cerf-volant, qui sera la cible, et de trancher sa ficelle. Pour ce faire, les ficelles sont souvent entourées de verre pilé pour être tranchantes.

A Kaboul, entre novembre et la nouvelle année afghane (au moment de Norouz, autour du 21 mars), les collines de la ville se remplissent de personnes venues faire voler leurs créations, de familles observant les cerfs-volants et de marchands.

Au sein de Français langue d’accueil, les participants d’origine afghane partagent avec enthousiasme leurs connaissances, en français bien sûr. Pour la troisième année consécutive, des ateliers cerf-volants ont été organisés, en partenariat cette année avec la Grange aux Belles. Bénévoles et participants s’entraident pour fabriquer leurs cerfs-volants puis les faire voler, mais sans trancher les ficelles  ! C’est l’occasion pour tous d’en découvrir un peu plus sur la culture afghane et d’apprendre de nouveaux mots de vocabulaire et des expressions, le tout dans une ambiance conviviale au cœur du Xème arrondissement.

Juste avant la pause estivale des ateliers sociolinguistiques (ASL) au sein de F.L.A., certains bénévoles ont organisé des activités spéciales avec les participants lors des dernières séances. Petits-déjeuners, projection de films, pique-niques et promenades dans Paris ont ainsi eu lieu en petits groupes, pour le plus grand plaisir de tout le monde.

Ces initiatives sont une occasion de renforcer les liens entre l’association et les participants et de fêter « la fin » de cette année particulière de manière conviviale.

Eric, bénévole intervenant dans un ASL, accompagné de deux volontaires, a emmené un groupe de niveau débutant dans une balade à travers Montmartre. Dans la joie et la bonne humeur, le groupe a pu découvrir le Sacré-Cœur sous tous les angles, les vignes de Montmartre, la petite place dédiée à Dalida ou encore le Moulin de la Galette.

Cette promenade a évidemment été une opportunité pour pratiquer le français : un questionnaire spécialement conçu pour l’occasion a permis à la fois aux participants de réviser ou découvrir du vocabulaire et d’en apprendre plus sur ce quartier iconique de Paris.

L’après-midi se termine en beauté avec une vue imprenable sur la ville et ses monuments au pied du Sacré cœur, qui a inspiré les participants Abdulkarim, Farid, Qais, Shamso, Omid et Samiullah pour une séquence vidéo.

 

Depuis le déconfinement, F.L.A. a rouvert ses portes afin que les ateliers sociolinguistiques puissent recommencer le plus vite possible. Bien sûr, il a fallu réinventer toutes les procédures pour assurer la sécurité à la fois des salariés, des bénévoles et des participants. Grâce au travail de réflexion mené en amont à ce sujet pendant le confinement, les premiers ateliers ont pu reprendre dès le 18 mai.

De nombreux défis se sont posés : dans quelles salles les ateliers vont-ils rouvrir ? Quels groupes pourront redémarrer en premier ? Combien de participants reviendront ? Qui sont les bénévoles disponibles ? Comment intégrer les gestes barrière à la routine des ateliers ?

L’association a porté une attention particulière aux participants peu scolarisés, qui ont le plus « décroché » de l’enseignement à distance pendant le confinement, en raison de leur faible niveau linguistique. 

Afin de préserver la santé de tous, les salles ont été aménagées : tables écartées pour respecter les distances de sécurité sanitaire, nettoyage à chaque fin de cours, masques obligatoires pour tout le monde. Les effectifs ont été limités, en fonction de la taille des salles, à des groupes 5 personnes en moyenne. Pour s’assurer que les participants puissent bien respecter les mesures sanitaires en vigueur, l’association avait pris les devants. Elle peut notamment fournir des masques lavables et réutilisables et a aménagé les horaires des ateliers pour que les participants n’aient pas besoin de se déplacer lors des heures de pointe dans les transports. 

Grâce aux bénévoles volontaires pour reprendre et aux partenaires ayant mis les salles à disposition, 11 ateliers sociolinguistiques ont réouvert et 90 participants ont pu assister à des séances en présentiel depuis fin mai. 

Tout l’écosystème de F.L.A. a su faire preuve de rigueur et d’adaptabilité pour que tout se passe aussi bien que possible avec bienveillance.

En parallèle, les ateliers socioculturels et l’accompagnement à l’insertion professionnelle ont également repris et se poursuivront pendant l’été – toujours dans le respect des mesures de distanciation sociale.

Le manque de masques a été une préoccupation centrale en France dès le début de la crise sanitaire. Ces masques sont devenus obligatoires pour certaines activités collectives dans des salles fermées, ateliers F.L.A. compris.

C’est là qu’Omid entre en jeu : avant de travailler au sein de F.L.A. en tant que chargé d’accueil, il était tailleur. L’idée de fabriquer des masques prend forme avec lui, et en très peu de temps Omid produit près de 150  masques lavables et réutilisables. L’objectif est d’en avoir constamment à disposition pour que chaque participant puisse respecter les gestes barrières en place. Pour garantir une reprise des ASL , ASC et ISP en bonne et due forme, il était donc primordial que F.L.A. puisse proposer gratuitement des masques. Grâce à Omid et sa machine à coudre, c’est chose faite !

Pour Omid, le but était avant tout de pouvoir aider les autres et de rendre service dans ces moments difficiles. Merci à lui.

Comme pour chacun d’entre nous, la crise sanitaire a profondément marqué F.L.A.

Convaincus que ce confinement ne devait pas être synonyme d’isolement, les salariés et les bénévoles de l’association ont fait leur maximum pour maintenir le lien avec les participants. 

Entre le soutien pédagogique à distance et les initiatives personnelles, ils se sont engagés sur toute la durée de la crise, chacun en fonction de ses moyens matériels, de ses capacités, et de son temps. 

Le tableau blanc a été remplacé par les réseaux sociaux, les appels téléphoniques, les messages vocaux. En parallèle de l’explication des informations sanitaires, de la nécessité des autorisations de sortie et de l’application des gestes barrières, des ateliers sociolinguistiques se sont développés à distance. A chacun sa méthode pour continuer la mission de l’association : création de petites vidéos diffusées aux participants peu scolarisés, cours en simultané avec des sous-groupes, productions écrites sur WhatsApp, quizz et activités interactives, préparations au DELF… Contacts limités certes, mais créativité décuplée ! 

Ces échanges sont d’autant plus précieux que la plupart des participants ne possèdent qu’un téléphone portable, souvent avec une connexion internet instable et un forfait limité. Malgré cela, certains groupes ont tout de même réussi à organiser des visioconférences récurrentes pour poursuivre leurs ASL.

En dépit des difficultés, plusieurs participants ont été inspirés pour s’exprimer sur la situation, comme ces écrits sur le confinement par les groupes avancés (à lire ici et ici) ou des vidéos réalisées par des plus débutants pour remercier les professions en première ligne, etc. 

Cette distance aura donc permis de garder le lien avec la langue française et de communiquer différemment. Mais ces relations n’ont pas été possibles avec l’ensemble des participants, certains ayant perdu le contact pour des raisons diverses.

Maintenant qu’un grand nombre d’ateliers sociolinguistiques, socioculturels et d’insertion professionnelle ont repris en présentiel – dans le respect strict des règles sanitaires -, les participants reviennent, pour la plus grande joie de tous !

Pendant que la France sort de son isolement, trois participants de F.L.A. expriment ce qu’ils ressentent à propos de cette période particulière. Au sein d’un groupe de niveau B1, leur but est de faire passer leur propre vision de la pandémie et du déconfinement, le tout avec des rimes. Une excellente méthode de travailler le vocabulaire et l’imagination. Voici leurs textes poétiques :

J’aimerais refaire ma vie,

Je ne m’arrête pas à ce que les gens disent.

J’avance, et je souris,

Sans voir les gens et leur méprise.

Jusqu’à maintenant, je vivais une belle vie

Parce que j’avais tout donné pour l’avoir, jusqu’ici.

Grâce au confinement, certains projets ont bien avancé,

À cause du confinement, d’autres ont bien reculé.

Il y avait la peur, d’être infecté par le virus,

Tomber malade, n’est pas un bonus.

Il y avait aussi des gens qui l’ont accueilli,

Pour se débarrasser de leur vie.

– Muhammad Latif Ladim

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Je vais sortir de chez moi,

Et dans le parc, je te vois.

On va courir ensemble, 

Je te trouve agréable, 

Est-ce que c’est possible,

Qu’on se connaisse ?

Je te trouve formidable,

Et tu as une jolie tresse,

Il est probable qu’on se revoit,

J’aimerais te croiser plus souvent,

J’aimerais rencontrer tes parents,

Et je crois, que tu as une belle voix.

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S’il disparaît, le corona,

J’aimerais partir,

En Espagne, mais voilà,

Il y a trop de malades

Entre deux camarades

Je dois choisir,

Et je préfère aller à Nice,

Y rester dix jours et voir les jardins remplis de lys

J’aimerais visiter tous les quartiers de la ville, 

Et me promener en bateau à côté des îles.

Si j’y passe de bonnes vacances, 

J’y retournerais, pour l’ambiance.

Je m’installerais sur la plage,

Et nagerais au-delà du rivage.

Dans le contexte de confinement que nous avons connu ces deux derniers mois, les cours du soir niveau B1 ont continué à se réunir pour des ateliers de français en visio-conférence. 
Sept participants se sont essayés à un exercice pas facile : écrire son ressenti lors du confinement en essayant de conjuguer des verbes au passé, au futur et au conditionnel présent. Voici le résultat :

  • J’étais à l’école lorsque le virus n’existait pas. Maintenant quand je sors, je peux avoir un amende. Avant le confinement, j’allais à l’école parce qu’on ne se confinait pas, alors que si je sors maintenant, je pourrais avoir une amende. Si cette période de crise finit, j’irai à l’école et me baladerai à Paris
  • Pendant le confinement j’ai pensé à faire un site de mode et de coiffure. J’ai aussi pensé à aider les personnes âgées sans enfants.
  • J’aimerais bien écrire des mots aux patients et aux médecins. En fait on est dans un moment très difficile. Il faut que nous suivions et respections toutes les règles et procédures de sécurité pour que le coronavirus s’arrête rapidement. C’est mieux de rester chez nous pour aider les médecins car ils travaillent pour nous. Et n’oublions pas d’applaudir tous les matins les médecins.
  • Nous sommes en confinement. Tout le monde est enfermé chez soi. Il y a des gens qui s’ennuient. Il y a des gens contents. Il y a des gens qui respectent, et il y a aussi des gens qui ne respectent pas les règles. Par contre ceux qui respectent, ils sont protégés. Ceux qui ne respectent pas, ils sont en danger et ils mettent aussi en danger leurs proches. Je ne suis pas content de ce qui se passe dans le monde, mais le seul moyen de se battre est de rester chez soi.
  • Cela fait 4 semaines que la règle du confinement est appliquée en France. Moi je trouve qu’il est très compliqué de rester à la maison 24 heures. Le virus est partout, même à la maison. Je ne pense pas que cette méthode est la solution. J’espère qu’il va se terminer et que l’on pourra avoir une vie normale.
  • Avant le confinement je pouvais me promener dans mon quartier sans avoir peur d’être infecté. Maintenant, je ne peux pas y aller, je suis coincé dans mon appartement. Si le confinement était fini, je recommencerais mes activités.
  • Le confinement a commencé depuis le 16 mars. Depuis cette date la circulation s’est arrêtée. Depuis le début de la semaine, le travail a repris. Depuis cette date, grâce au travail d’arrache pieds des médecins et infirmiers, certains sont soignés. Depuis le 16 mars les gens se posent des questions sur notre planète pour savoir comment l’épidémie est arrivée.

« Si vous avez eu de la chance et que vous avez vécu à Paris en tant que jeune homme, alors où que vous soyez plus tard, il restera avec vous jusqu’à la fin de vos jours, car Paris est une fête qui est toujours avec vous.»
Ernest Hemingway.

Au début de mon séjour dans cette ville d’amour, j’ai attaché un cadenas sur un pont. Je ne me souviens même plus sur lequel. A cette époque je me baladais dans la journée sans but, juste pour passer le temps avant de retourner à l’hébergement le soir. Je connaissais simplement une jolie légende selon laquelle on pourrait trouver l’amour si on attachait un cadenas sur des ponts de la Seine. Mais je ne cherchais pas l’amour d’un homme, je cherchais l’amour de Paris.

Ses grands boulevards, ses espaces verts, la Tour Eiffel, Notre Dame et surtout Montmartre… Je suis immédiatement tombée amoureuse de Montmartre ! Quand je voyais Paris de cette hauteur, surtout par temps ensoleillé, cela me faisait sentir comme Paris avait été créé pour moi seule. Et j’oubliais la nécessité de bientôt descendre de cet Olympe pour retrouver la réalité.

Ce que j’aime beaucoup à Montmartre, c’est l’atmosphère de la fête permanente. On peut errer sans fin dans ses rues, on peut regarder des touristes posant devant le Passe Muraille en lui serrant les mains. Et le plus passionnant pour moi, ce sont les concerts amateurs sur les marches du Sacré Cœur. C’est un sentiment indescriptible d’écouter mes chansons rock préférées ou encore « Het is een nacht » en regardant les toits de Paris… Oui, la dernière est en néerlandais, ce qui me plonge toujours dans la nostalgie. Mais c’est une autre histoire.

Le temps passe vite. Je connais déjà bien Paris. Mais ma place sous son ciel n’a pas encore été trouvée. Je pense de plus en plus à partir. Paris, je te quitte ? Tu me permets ? Je n’entends pas sa réponse. Ni oui ni non…

Sans doute, tes endroits insolites me manqueront. Ta beauté et ton esprit ont mis ses traces dans mon âme. Maintenant que je marche dans tes rues, je les vois différemment. Tu es devenu ma maison. Je t’admire, Paris ! Mais…

Mais je ne suis pas prête à me battre pour toi car l’amour devrait être mutuel. Désolée pour cette faiblesse. Tu m’as offert des amis, le français, une expérience difficile mais aussi merveilleuse. Tout cela restera toujours avec moi. Et moi, je te laisse un petit cadenas sur l’un de tes ponts. Et je te pose une seule question : Paris, pourquoi ne m’aimes-tu pas ?

Malika, le 28.04.2020 à Paris.

Nous avons arrêté tous nos ateliers à destination des demandeurs d’asile et des réfugiés depuis le lundi 16 mars et l’équipe de salariés de l’association travaille depuis cette date à distance.

Bénévoles et salariés restent néanmoins soucieux de préserver le contact avec les participants et d’utiliser cette période au mieux. Un grand merci à eux. Nous nous efforçons de :

Maintenir le lien social :
Les contacts par sms, téléphone, WhatsApp, réseaux sociaux sont très précieux pour montrer aux réfugiés qu’ils font toujours partie de l’association et que nous serons là à nouveau pour reprendre la vie normale avec eux dès que le confinement sera terminé. Prendre des nouvelles est important et chacun s’y emploie à sa manière et suivant les contextes.

Poursuivre l’apprentissage du français à distance :
La situation est inédite. Nous nous adaptons en fonction des outils numériques dont disposent les participants, de leur niveau de français, de leurs conditions de vie, de leur motivation. Nos savoir-faire eux-mêmes en matière d’enseignement du français à distance sont en construction dans ce contexte particulier. Autant de facteurs qui nécessitent flexibilité et patience, encore plus quand on s’adresse aux apprenants peu scolarisés et débutants, mais toute avancée est bienvenue.

Communiquer aux bénévolesdes éléments de veille au niveau social, sanitaire, administratif et juridique afin que nous soyons en capacité de comprendre l’évolution du contexte de vie du public de l’association, et donc plus proches de lui.

Utiliser cette période pour prendre du recul et faire quelques travaux de fond. Il s’agit aussi de préparer la suite qui sera bien particulière après plusieurs semaines d’éloignement du français pour les participants.

Nous gardons tous énergie et motivation, avec l’espoir de pouvoir reprendre au plus vite dans des conditions adaptées à la situation.

Notre site et nos réseaux sociaux continuent de fonctionner et en cas de besoin, vous pouvez toujours nous écrire à : francaislanguedaccueil@orange.fr
Merci à tous pour votre soutien, prenez soin de vous, et à bientôt pour d’autres nouvelles.