Comment je suis devenu un Parisien – Musa

Un jour, je suis arrivé à Paris. J’étais sans abri.

Quand j’ai marché dans Paris, j’ai vu beaucoup de grands et beaux bâtiments. J’ai pensé : « les Parisiens vivent dans de grandes maisons ! ».

J’étais toujours sans abri, j’avais rendez-vous avec mon assistante sociale de temps en temps pour lui demander un logement ; elle disait : « Attends » et elle me donnait un autre rendez-vous.

 

Finalement, j’ai eu un contact avec une association qui s’appelle Singha. Ils ont inscrit mon nom et mon prénom et le numéro de mon portable. J’étais déjà très fatigué, je ne croyais pas qu’ils me rappelleraient mais, trois jours après, ils m’ont appelé : ils m’ont trouvé une chambre indépendante chez un monsieur français dans le 11ème arrondissement. La chambre est à côté de l’appartement du monsieur, sa fille m’a donné la clé de la chambre.

 

Je me suis installé dans la chambre. Après quelques jours et quelques nuits dans cette chambre, j’ai compris le secret des grands et beaux bâtiments parisiens  : il y a beaucoup de Parisiens qui vivent dans de petites cages ; ils pensent qu’ils sont libres mais, en réalité, de mon point de vue, ils sont en cages.

Au début, je ne parlais pas français, avec la famille qui m’hébergeait, je parlais anglais. Je détestais si quelqu’un me disait : « Parle français ! », sauf si c’était pour faire des progrès pour parler mieux français. J’ai suivi des cours pour apprendre le français, mais il y a beaucoup de choses que j’ai appris avec le temps. Je me suis installé très bien dans ma petite cage (chambre), comme un vrai Parisien.

 

Maintenant il faut que je cherche du travail. Heureusement, j’ai trouvé du travail. Si tu vis à Paris et si tu es Parisien, la vie sans métro est impossible : donc, moi aussi, j’ai besoin de prendre le métro pour aller travailler.

 

Il y a beaucoup de choses à voir dans le métro :

les gens qui font la manche, les gens qui font de la musique, les gens qui lisent des livres, les gens qui dorment et aussi les filles qui se maquillent. Je me demande pourquoi elles se maquillent dans le métro mais de toute manière j’aime beaucoup les regarder : elles utilisent un crayon pour dessiner une ligne autour de leurs yeux et un pinceau pour mettre de la couleur sur leurs joues. Moi, si quelqu’un me demande de faire un dessin dans le métro, je ne ferai pas un beau dessin, parce que le métro bouge trop, je ferai un barbouillage. Mais les filles, elles,  font un maquillage très professionnel, même s’ il y a beaucoup de monde et que le métro bouge trop. Malheureusement, quand elles ont fini leur maquillage et qu’elles sont très belles, elles quittent le métro. Pauvre Musa !

 

Le matin, quand je prends le métro pour aller travailler, je suis pressé parce que je suis en retard. Je comprends à ce moment pourquoi il y a des filles qui se maquillent dans le métro : comme moi, elles sont en retard !

Le soir, quand je prends le métro pour rentrer chez moi, je vois plein de gens avec l’air fatigué. Quelqu’un me demande : « Est-ce que tu es fatigué ? »

Je dis : « Non ! »

Mais, quand je suis rentré chez moi, je réfléchis bien : peut-être j’ai l’air fatigué comme les autres gens dans le métro ?

 

Le matin, je suis pressé. Le soir, je suis fatigué : ainsi je suis devenu un Parisien.

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